Les cinéastes présents à AFLAM du SUD

AFLAM DU SUD - Autour des longs-métrages

PHOTOCOPY de Tamer Ashry -2017 -Egypte
Clôture du festival ASLAM 2019-8ème édition

AFLAM  DU  SUD- 8ème édition- 2019

Festival du Cinéma Arabe

Huitième édition d’un Festival qui m’était jusque là méconnu.  Impardonnable....

Créé par Rachida Chbani, comédienne, cinéaste ; ce « petit «  festival est  «  grand » par ses qualités : une programmation intelligente et sensible, un accueil chaleureux , pas de bling bling …

 A l’ouverture au Bozar comme à la clôture au cinéma Vendôme, la directrice artistique du festival a mis un point d’honneur à valoriser de jeunes musiciens :  Mohamed Rahmoune, chanteur belgo marocain et Selman Nawa Athar  joueur de Qanoun depuis cinq ans.

Un hommage est aussi rendu à Majhoub Benmoussa, acteur, conteur ,journaliste, poète ; Ambassadeur culturel en 2002 de la ville d’Amsterdam.

 Si la salle était remplie au Bozar , les séances en semaine et la clôture au cinéma Vendôme n’ont pas rassemblé la grande foule.

Ce phénomène est particulier à la capitale vu le nombre d’activités culturelles présentées dans tous les domaines artistiques.

 La surabondance de l’offre devient négative ; ce que j’avais déjà constaté lors du festival millenium où dans les diverses salles le nombre de spectateurs était plus que restreint.

Ce n’est pas le cas en Province , notamment à Tournai où l« Ramdam Festival, le festival des films qui dérangent «  draine journellement un public motivé et fidèle .

L’offre dans la cité du pont aux trous est inférieure à la demande.

 Ces aléas ne doivent pas empêcher la poursuite de cet événement qui devrait permettre de sensibiliser un public qui ignore l’importance du cinéma arabe Tunisien, Marocain , Algérien. Libanais et autres.

La connaissance permet la reconnaissance et l’ouverture aux autres. Il est indispensable de poursuivre ces rencontres essentielles en touchant les réseaux sociaux et en utilisant tous les moyens de communication disponibles.

 

  « REGARDE-MOI «  du réalisateur tunisien Nejib BELHAHI

Un film qui dérange.

Il relate les relations entre un père qui a abandonné un fils autiste à la naissance et le retrouve suite à l’AVC subi par sa femme .

Le scénario est bien ficelé avec une forme en adéquation avec le fond.

Toutes les difficultés sociétales s’affichent sans détours : famille déchirée, décision du placement ou non d’un enfant autiste en institution, nouvel amour et attente d’une nouvelle naissance

L’interprétation de tous (toutes) les comédien(ne)s est remarquable ;particulièrement celle du jeune artiste coulé dans le rôle de l’enfant autiste ; à tel point que l’on se pose pendant toute la durée du film, la question de savoir si c’est un acteur ou un autiste que nous découvrons.

Le réalisateur maîtrise parfaitement un sujet grave avec une émotion contenue. 

Des images de qualité ainsi qu’une riche bande sonore emportent l' adhésion générale pour une œuvre qui mérite d’être distribuée dans nos salles ou diffusées dans nos chaînes de télévision.

   

LES MAL AIMES documentaire de 52’ de Amina Harrar-Marc Lautal

La lèpre au Maroc… ?  Cela n’a jamais existé et même si tel était le cas on n’en parle pas , on n’en parlera jamais même douze ou quinze ans après la guérison d’une maladie qui peut être facilement prise en charge.

Malédiction , châtiment divin restent imprimés dans des esprits ignorants et manipulés.

Un couple de français ; particulièrement une femme, Elisabeth Déveaux s’intéresse au sort de ces malades guéris mais relégués au ban de société .

En leur  apprenant la tapisserie elle leur permet de retrouver un emploi, un apport financier et de la dignité.

Le documentaire de ce couple maroco-belge complémentaire , Amina Harrar est ingénieur du son (études à l’Isic et à l’Insas) et son époux, Marc Lautal ,caméraman , spécialiste du banc titre depuis de nombreuses années ,ont uni leurs talents pour réaliser une œuvre dense et sensible.

Les qualités formelles du documentaire s’appuient sur des témoignages discrets filmés à distance dans des paysages marocains ou par quelques visages floutés .

Les témoignages d’Elisabeth Déveaux et de son mari apportent des éléments complémentaires au récit .

Les tapisseries réalisées par les lépreux guéris sont des œuvres colorées , réalisées avec soin et valorisées par de superbes images.

Un documentaire de très grande qualité. A découvrir .

 

                                                         ***

 

     GOOD MORNING  de Bahij Hojeij – Liban- 80 ‘

Un décor unique : un café situé comme un promontoire ou une proue de navire décortique la vie d’un carrefour et suit la destruction d’un immeuble.

Des personnages intéressants, deux vieux retraités réalisent des mots croisés pour éviter les pertes de mémoires. Un journaliste  est amoureux de la serveuse et apporte ses connaissances du vocabulaire aux deux seniors.

Une multitude de personnages défilent, agacés par le vieux général qui veut s’imposer en racontant des blagues et les obligent à quitter le café.

Le scénario manque de surprises car les événements sont tous prévisibles.

Les deux retraités, fils rouges, du film,  sont bien campés par des acteurs qui  jouent juste.

Good morning est une œuvre intéressante dont les nombreuses situations redondantes affaiblissent le déroulement de l’histoire.

Les images , proches d’éclairages d’émissions télévision déforcent le propos.

Bahij Hojeij est attendu pour une nouvelle œuvre, mieux maîtrisée.

       

                                                         ***

URGENCE ORDINAIRE de Mohcine Besri- Maroc-Suisse

     

Prix du public le film de Mohcine Besri aborde les problèmes de santé.

Un enfant doit être opéré d’une poche de sang située dans le cerveau .

Les parents , l’oncle et sa compagne s’ingénient à trouver des solutions pour trouver les moyens financiers de l’opération

L’occasion pour le réalisateur de s’insurger contre la pauvreté des moyens des hôpitaux publics, de la corruption,de la pauveté des villageois, du désarroi d’un jeune médecin revenu  du Canada et  songe à  y retourner.

D’autres personnages secondaires: l’oncle désargenté en froid avec son frère,sa compagne désorientée, un infirmier chef corrompu, un chirurgien ,grand patron ,dépassé par les événements et le rescapé d’un suicide manqué ,suscitent notre intérêt tout au long du déroulement du film.

De très bons comédiens , une mise en scène sobre et précise, des images de qualité , un scénario fouillé, ont permis à ce troisième film de Mohcine Besri d’emporter l’adhésion des spectateurs.

Un bémol pour le non pratiquant de langue arabe….un rap clôture le film mais nous en ignorons le sens…  Dommage……

 URGENCE ORDINAIRE reste un film fort, politiquement incorrect,réjouissant malgré ls situation dramatique.

.                                                      ****

 AFLAM Festival se termine avec la projection de PHOTOCOPY de l’égyptien Tamer Ashry.

Un film sensible , bien filmé avec de très bons acteurs, notamment les personnages principaux Mahmoud, vieux retraité qui tombe amoureux d’une veuve plus jeune que lui, atteinte d’un cancer .

Cet amour tardif redonne vie à ce couple inédit. 

Un film positif  qui se construit lentement et s’insinue en nous, tout en douceur.

Une bonne surprise.

                                                     

                                                                Robert LOMBAERTS

     

 

     

                                                    

                        

                                                                     

 

Amina HARRAR réalisatrice Les Mal aimés documentaire 5

Marc Lautal Réalisateur Les mal aimés- documentaire 52'

Mahjoub BENMOUSSA acteur,conteur,cinéaste, journaliste

Rachida CHBANI fondatrice et directrice artistique .

Moshcine BESRI - PRIX du public 2019 URGENCE ORDINAIRE