HOMMAGE A JEAN DANIEL

JEAN DANIEL
Photo Libre Belgique (c)

  Il a résisté au temps qui nous ronge inéluctablement.

  Il a gardé son sens de l'éthique tout au long se sa carrière

  Ami d'Albert Camus, ce juste, cet honnête homme rejoint    les étoiles

  L'association Royale de la presse nord sud présente ses

condoléances à sa famille, ses ami(e)s,toutes celles et ceux qui  ont partagé la rigueur des investigations, la clarté d'un éditorial, la tolérance.

  Jean Daniel...tu resteras dans nos coeurs et notre mémoire.

                                                                                   R.L.

EXTRAITS D'ENTRETIENS

Le journaliste évoque son combat anticolonialiste notamment en Tunisie, sa découverte de la culture musulmane et surtout sa rencontre fulgurante avec Albert Camus : 

 Lui m'a totalement séduit mais moi je ne lui ai pas déplu. J'avais suffisamment d'orgueil pour penser que je disposais de quelques armes mais suffisamment de doutes que l'amour suscite pour me demander si j'étais digne de faire partie un jour de son cercle. A partir de ce moment, c'est le départ de quelque chose

 Ce qui m'a séduit en mai 68, c'est la maturité de la jeunesse, c'est sa gaieté contagieuse, c’est le bonheur que les gens avaient à se parler dans les rues que je n'avais jamais connu en France depuis la Libération. C'est l'idée qu'il se passait dans ce peuple quelque chose qu'il découvrait lui-même, comme si il n'avait pas encore vécu, comme si il n'avait pas encore regardé l'autre, le voisin et c'est l'idée qu'il y avait une promesse de générosité. Ces mois-là avant de sombrer dans le maoïsme, le trotskisme, l'agitation qui a été vite confisquée par la théorisation de la spontanéité, j'en ai un souvenir absolument merveilleux

 

                   A PROPOS DE MICHEL BOUQUET

 Il y a entre nous une complicité dont ni lui ni moi n'avons trouvé la vraie explication. En tout cas, pour revenir au personnage de Michel Bouquet, pour moi il représente le théâtre dans la façon de mêler l'incroyable force de la personnalité et la capacité stupéfiante à la transformer. Il a les deux : c'est un acteur de composition mais il est toujours lui-même quand il compose.

Il clôt l'entretien sur un ton encore plus intime.

Maintenant, je ne sais plus ne rien faire. L'idée de ne rien faire ressemble un peu trop à la retraite. Tout ce qui est repos me paraît menacé de déclin, de disparition. Je ne sais plus ne rien faire. J'ai besoin que les instants soient plein. Je vis au présent mais dans la plénitude et je vis chaque chose comme si ça devait être la dernière. Ma curiosité a décuplé de cette manière.