Cheick Oumar SISSOKO- Secrétaire Général de la FEPACI

Entretien avec Cheik OUMAR SISSOKO

Cheik Oumar SISSOKO à ECRANS NOIRS-YAOUNDE- CAMEROUN

 Cheick Oumar Sissoko est un cinéaste (réalisateur) et homme politique Malien, né en 1945 à San.

Créateur du collectif de production « KORA FILM » à Bamako, il est également Secrétaire Général de la Fédération Panafricaine de Cinéaste (FEPACI).

  Pensez-vous que les états africains portent un certain intérêt au secteur de l’image?

Cheick Oumar Sissoko : En 2013, il y’a eu un plaidoyer du Burkina Faso qui a abouti à une décision de l’Union Africaine invitant les pays africains à investir dans la production de l’image pour que l’Afrique soit présente dans l’univers des images.

 Vous avez vu constaté  le Maroc  met 4 milliards de FCFA par an pour la production cinématographique ; ce qui permet la production d’une vingtaine de films de long métrage et une centaine de films de court métrage de qualité .

 Le Sénégal , à l’heure actuelle, investi 2 milliards de FCFA, le Burkina Faso 1 milliard de FCFA ;la Côte d’Ivoire 1 milliard de FCFA.

 Beaucoup d’autres pays investissent aussi : le Mali  a dégagé 6 milliards de FCFA pour la création d’un fonds d’appui qui devra rechercher d’autres fonds.

 Beaucoup de festivals voient le jour, les cinéastes sont présents, et avec l’avènement du numérique, on observe  une forte production cinématographique.

 On le constate également avec la présence de nombreux jeunes aux Journées Cinématographiques de Carthage (JJC), au FESPACO  aux Ecrans Noirs.

  Ce qui veut dire qu’il y’a aujourd’hui une forte mobilisation, une présence certaine des jeunes et des adultes pour  développer la création cinématographique en Afrique.

 Ce qui manque, c’est vraiment la professionnalisation nécessaire pour assurer véritablement une production internationalement reconnue.

 Des écoles existent, mais les écoles professionnelles ne sont pas nombreuses.

 Celles d’Afrique du Sud, du Maroc, du Ghana, du Burkina Faso sont reconnues.

  Il y’a donc vraiment  une compréhension des acteurs de l’image et des autorités sur la question essentielle , l’enseignement ,pour l’Afrique qui doit produire ses propres images.

Question 2 : Qu’est-ce qui explique selon vous le manque de financements des productions cinématographiques et audiovisuelles dans certains pays d’Afrique ?

Cheick Oumar Sissoko : Certains pays ne s’engagent pas fondamentalement sur la production cinématographique à cause du coût; mais aussi à cause du fait qu’ils n’y croient pas beaucoup même si j’ai dit qu’il y’a une avancée réelle des engagements des pays africains et des acteurs du secteur.

 Au cours des cinq dernières années, l’Union Africaine s’est engagée à faire en sorte que nous avancions dans le domaine. C’est pour cela que sur un dossier de la FEPACI et du gouvernement Kenyan, nous sommes arrivés à créer la Commission Africaine du Cinéma et de l’Audiovisuel qui va travailler au plus haut niveau sur les difficultés du cinéma Africain et les solutions possibles.

Question 3 : Quelles sont vos impressions sur le cinéma en Afrique Centrale ?

Cheick Oumar Sissoko : L’Afrique Centrale est l’une des régions du continent qui produit le moins de films de long métrage.

 Il y’a beaucoup de films de court métrage et de séries télévisées particulièrement au Cameroun mais  il  y a peu de films de long métrage de fiction.

Alphonse Ntep Correspondant ARPNS pour l’Afrique

 

 

A propos d'un long-métrage camerounais

Alphonse NTEP Correspondant de l'ARPNS pour l'Afrique

 

 

PROFANATION DE MARC ANDA,

UN DEFI RELEVE 

« Mon premier long métrage, bientôt en salle […]. »

  « […] La société camerounaise comme toutes les sociétés a besoin qu’on lui renvoie son image. Le cinéma l’a souvent aidé dans ce sens, sans doute pas autant que les uns et les autres le voudraient, pas avec la même qualité que les uns et les autres le souhaiteraient […].»

       Faire des films c’est bien, mais les faire voir c’est encore mieux et qu’ils soient appréciés, c’est carrément le graal. Pour atteindre ce but ultime visé par tout cinéaste, l’existence des sorties en salle est un moment incontournable du 7e Art. Le jeune réalisateur Camerounais Marc ANDA l’a compris et nous annonce la sortie officielle de son premier long métrage.

  ANDA Jean Marc est né le 12 Août 1991 ; de son vrai nom, à NSAN-MENDOUGA, arrondissement de SA’A, département de la LEKIE, région du centre où il poursuit ses études primaires et secondaires.

   Son histoire avec le cinéma débute en 2009, lorsqu’il s’inscrit à l’Université d’Etat de Yaoundé 1, filière « Arts du Spectacle et  Cinématographie » ; «70% d’enseignement théorique et 30% d’enseignement pratique » confie-t-il. Deux ans plus tard, il décide de s’inscrire à l’ISCAC (l’Institut Spécialisé de formations aux métiers du Cinéma et de l’Audiovisuel de l’Afrique Centrale).

  La fiction reste son centre d’intérêt depuis le début de sa carrière.

  Parmi ses courts métrages, il faut retenir « LE PATRIOTE » réalisé en 2015 qui relate l’histoire de BILLY, un jeune homme qui décide de rejoindre le bataillon d’intervention rapide pour lutter contre Boko Haram malgré les représailles de ses parents.

   Sélectionné à la 25e édition FESPACO dans la catégorie film école. « Ce fut un moment inoubliable ».

   L’acteur principal est remarquable. Tony Arnaud TSOWO TEGUIA nous véhicule sa détermination. Les seconds rôles ne passent pas inaperçus.

Scénario, images et bande sonores sont appréciables.

    En 2017, le jeune réalisateur nous revient avec « NYANGONO ». Un film qui en appelle au « vivre ensemble » des Camerounais. Il dénonce avec la dernière énergie la marginalité sociale.

   Un sujet très peu développé par l’auteur et traité de manière superficielle. Les images, la bande sonore, l’interprétation des acteurs restent les points forts de ce court métrage.

   L’on pourrait croire que toute cette panoplie d’expériences aurait satisfait l’appétit d’ogre de Marc ANDA. Ce serait sans connaître le talent de ce combattant invétéré du cinéma Camerounais qui a décidé de s’essayer au métier de Direction de la Photo.  Il devient l’un des piliers incontournable du domaine de l’image au Cameroun.

  « PROFANATION », sa toute dernière réalisation est « une fiction long métrage d’une durée de 65min ». Sa sortie est prévue le « 09 mars 2019 au Cinéma d’EDEN à Douala mais peut-être sujette à des modifications » me confie le jeune réalisateur.   N’ayant pas perdu ses traces sur l’Afrique, Marc ANDA nous invite à découvrir un film d’horreur plonger au cœur des traditions africaines.

   Le synopsis est simple : « Pour un film de fin de formation, KAMDEM, OKALA, MUNA et EYANA vont dans un village pour tourner un documentaire sur la récolte du cacao. Ils passent par un lieu sacré où ils profanent un arbre sacré. Aussitôt, un esprit malveillant s’empare d’Okala  le transformant en un tueur psychopathe qui pourchasse et tue ses camarades. »  Un scénario signé Marc ANDA et Tony Arnaud TSOWO TEGUIA, un duo connu et apprécié des cinéphiles camerounais. Distribution : Tony Arnaud TSOWO TEGUIA, Désirée KWAKEP, Anne Marie KOM, Mouhamadou MATAPIT MOCTAR.

  Connaissant, les exigences et les codes d’un tel genre cinématographique ; l’horreur et les conditions déplorables de tournages dues au manque de financement de la nouvelle vague de jeunes cinéastes Camerounais. j’espère de tout cœur que le 09 mars 2019 au cinéma d’EDEN à Douala, les cinéphiles feront salle comble afin de permettre au jeune réalisateur et à toute sa jeune équipe dynamique de relever leur propre défi.

                                Alphonse Ntep - Correspondant ARPNS pour l’Afrique

 

MARC ANDA

Profanation ...

Kamdem,Okala,Muna et Eyana profanent un arbre sacré