WERK OHNE AUTOR de Florian Henckel von DONNERSMARCK

La question de la création artsitique

  PRIX DE LA MEILLEURE FICTION- 2019

 "WERK OHNE AUTOR"

de Florian Henckel VON DONNERSMARCK 

Ce cinéaste allemand a été l’assistant de Richard Altenborough avant d’être diplômé de l’école supérieure de cinéma de Munich , section réalisation.

En 2006  il obtient l’Oscar du meilleur film étranger et le Prix du film européen de l’année pour «  LA VIE DES AUTRES « .

En 2010, il réalise «  LES TOURISTES ».

Une appréhension pour la longueur inhabituelle de ce long-métrage d’une durée de plus de trois heures. Crainte vite dépassée par la construction du récit qui s’étend des années trente jusqu’à notre époque. Une saga qui débute à la naissance du nazisme lorsque les arts sont qualifiés de dégénérés par les dirigeants du troisième Reich.Une oeuvre forte qui pourrait être un roman.

Le scénario évolue dans le temps . Le communisme remplace le fascisme. L’art populaire officiel doit répondre aux normes fixées pour le peuple. Les fresques apparaissent pour glorifier le régime sous prétexte de la mise en valeur des travailleurs. Enfin notre époque glorifie l'argent , les égoismes et le repli sur soi.

Le film possède différents niveaux de lecture :

-l’histoire d’un jeune créateur dont l’art évolue au fil du  temps,

-sa passion pour une jeune femme,

-l’horreur vécue du nazisme alors qu’il n’était qu’un enfant,

-la notion même de la création illustrée magistralement par son professeur qui dirige l’Académie de Düsseldorf , l

-l’amitié qui le lie à un collègue venu de l’Est et enfin la découverte des exactions commises par son beau-père qui a traversé tous les régimes avec aplomb et condescendance se fondant dans les élites de l’époque et dissimulant ses crimes de médecin nazi.

Un rythme soutenu. Des comédiens empathiques en parfaite adéquation avec leur rôle. Impossible de décrocher de la dynamique du récit , de la progression dramatique.

La photographie et la bande sonore de qualité  soutiennent l’attention , jamais prise en défaut.

Une fin en boucle….réelle et surréelle…..surprenante !

Un chef d’œuvre !

 

                                                                                                 Robert Lombaerts

 

 

 

 

 

 

"FATWA" de Mahmoud Ben Mahmoud

Une Tunisie ambigüe...Entre tolérance et salafisme !

"FATWA "

Mahmoud Ben Mahmoud  réalisateur belgo tunisien est né à Tunis en 1947.

Il vit dans une famille aisée dont le père est à la fois théologien, amateur d’arts et de littérature. Il reçoit une éducation ouverte et l’Insas l’accueille pour le diplômer dans la section cinéma. Il fréquente aussi l’ULB en section Histoire de l’Art et en journalisme.

Parmi ces courts-métrages il faut retenir " Escurial "  et « Les Vieux « 

Fictions et documentaires sont des centres d’intérêt qu’il développe durant toute sa carrière.Parmi ses nombreux longs-métrages « Siestes Grenadines » décrit déjà la société tunisienne d’avant la révolution .On y découvre les maux qui gangrènent tout notre monde: affairisme, corruption, violences de tous ordres.

 Mahmoud Ben Mahmoud partagé entre l’Europe et la Tunisie a parfaitement  intégré ces deux espaces avec un esprit de tolérance , propre au soufisme qu’il  évoque à plusieurs reprises dans son dernier film «  FATWA »

  FATWA est œuvre forte, engagée qui décrit une société tunisienne ambiguë,partagée entre un islam obscurantiste et une vie où l’égalité homme femme  reste un problème majeur.

Le synopsis est simple : un père , travaillant dans le secteur du tourisme en France , apprend le décès de son fils , suite à un accident de moto.

Sur le sol natal il va de découvertes en découvertes. Son ex épouse ,femme libérée , écrivaine, engagée politiquement est marquée par une Fatwa et vit sous protection policière. Le père va enquêter sur la mort de son fils et découvrir que les salafistes l’ont manipulé . Il prendra conscience que les « demeurés « de l’Islam sont les meurtriers d’un fils qui n’avait pas abdiqué l’amour de sa mère.

 Les protagonistes sont forts , notamment cette mère progressiste qui ne renie jamais ses convictions. Comédiens , images, sons, scénario ; tout est remarquable.

Mahmoud Ben Mahmoud nous donne à voir un film de très grande qualité qui inquiète sur l’évolution du pays le plus moderne du monde arabe.

 

                                                                                                 Robert Lombaerts

TEL-AVIV ON FIRE de Sameh Zoabi

UN scénario original !

 

TEL-AVIV  ON FIRE   de Sameh ZOABI

Une comédie palestinienne légère, teintée d’humour dans un contexte particulier.

Un scénario original doté d’une fin surprenante.

Sameh Zoabi , lauréat du Grand Prix de Saint-Jean de-Luz et d’autres distinctions internationales porte un regard ouvert sur une réalité complexe trop souvent dramatique.

Le réalisateur a étudié la sociologie et la psychologie de ses personnages antagonistes par le biais d’un film dans le film. 

Le tournage d’un feuilleton télévisé produit et réalisé par des palestiniens révèle les amours d’une espionne palestinienne et d’un général israélien avant la guerre des six jours.

Un jeune stagiaire  de la production va, grâce à l’efficacité d’un officier placé   dans un check point,  s’affirmer dans les modifications du scénario du feuilleton en cours pour la plus grande satisfaction des téléspectateurs  palestiniens occupés et des israéliens.

 Une brochette de comédiens talentueux dont Kais NASHEF et  Lubna AZABAL nous emporte dans cette aventure inédite qui réjouit tous les cœurs.

 Lubna Azabal (Marraine du Ramdam Festival) Kais Nashef et tous les autres personnages emportent notre adhésion pour une comédie, à nulle autre pareille.

 A voir absolument !

                                                                                   Robert Lombaerts

              

 

 

 

 

 

BEAUTIFUL BOY de Félix VANGROENINGEN

Un rapport père /fils fusionnel .

BEAUTIFUL   BOY    de Félix VAN GROENINGEN

 

 Ce belge, issu de la Film Académie gantoise a déjà tourné trois longs-métrages

 dont la réputation l’a mené aux Etats-Unis.

 "BEAUTIFUL BOY "coproduit par Brad Pitt aborde deux thèmes majeurs :

l’amour fusionnel entre un père et son fils à divers moments d’une vie familiale    recomposée et la chute dans la drogue dure d’un adolescent tourmenté et angoissé .

 Cette longue plongée dans l’horreur absolue de la dégénérescence physique et de l’amour inconditionnel d’un père , d’une belle mère proche, d’un demi frère ,d’une demi sœur et d’une mère éloignée nous touchent sans sensiblerie..

 Les multiples tentatives  de reconstruction s’avèrent vaines .

 L’adolescent parvient cependant à quitter les paradis artificiels par sa propre volonté .

 Il figure dans les dix pourcents de drogués qui retrouvent une vie normale .

 Cette fiction plonge ses racines dans le roman du journaliste Nick Sheff.

 Le film construit comme un puzzle mélange l’enfance, l’adolescence , les 

  réussites, les échecs, les périodes de rémission.

 D’excellents comédiens , une photographie de qualité, un montage volontairement chaotique, une distanciation d’un réalisateur qui porte un regard affectueux sur ses personnages constituent une œuvre dérangeante d’une humanité partagée.

                                      

                                                                                              Robert Lombaerts

 

LES SALOPES de Renée BEAULIEU - Canada

Renée BEAULIEU monteuse,scénariste,réalisatrice,professeur de cinéma.

        LES  SALOPES de Renée Beaulieu

 

Renée Beaulieu exerce d’abord le métier de pharmacienne puis reprend des études de

cinéma .Monteuse, scénariste, réalisatrice, productrice , cette cinéaste polyvalente défend toutes  les libertés avec vigueur et non conformisme.

Tout en réalisant son deuxième long-métrage elle enseigne le cinéma et conseille les scénaristes comme  « script doctor « 

Cette féministe engagée nous propose un film où la femme, à l’égal de l’homme, décide seule de ses pulsions et de son bon plaisir.

Sous le couvert d’une recherche scientifique la femme expérimente ses objectifs            dans des rapports sexuels avec des collègues, des amis, un étudiant.

Renée Beaulieu , par le biais de sa protagoniste ,montre une sexualité ouverte où le plaisir et la jouissance ne sont plus des interdits pour les femmes .

Les rapports homme/femme fondés sur l’acte sexuel n’empêchent nullement d’avoir  une relation amoureuse complète au sein de leur propre couple.

Les scènes de sexe sont nombreuses, sobrement filmées jamais pornographiques ,même s’il est évident,  qu’à l’époque de la grande noirceur ; lorsque l’église catholique régnait en maître sur la grande Province (le Québec) ce film n’aurait jamais été diffusé, ni probablement conçu….

Le film s’appuie sur plusieurs niveaux de lecture :

-la femme libérée agissant comme un homme

-les amours de sa fille adolescente

-les recherches de son amie pour la création d’une famille et la génération d’une mère compatissante et compréhensive .

 Un détail intéressant après chaque rapport sexuel la nécessité de «  se purifier » dans l’eau . 

La salle de bain comme lieu sacralisé donne lieu aux confidences et provoque la séparation provisoire du couple bien établi.

«  LES SALOPES «  reste un film qui dérangera certains, en réjouira d’autres.

 Il ne laissera personne indifférent.

Un bémol . Comme de nombreux films canadiens francophones les actions sedéroulent dans le milieu universitaire, en vase clos. Le seul  élément vraiment dérangeant car il  occulte une large partie de cette société si proche de la nôtre.

De toutes façons , ce film de «  mec «  réalisé par une femme engagée mérite les discussions .

                                                                                         Robert Lombaerts

 

LE CLUB DES CANNIBALES

Le Brésil des riches à Fortaleza....

O CLUBE DOS CANIBAIS  de Guto PARENTE

 

Guto PARENTE est né à FORTALEZA dans le nord-est du Brésil en 1983.Il a débuté sa carrière comme monteur , puis comme réalisateur  avec «  Estrada para Ythaca » (2010) « A Misteriosa Morte de Parola« (2014) et»Inferninho »(2018).

Son dernier film est une œuvre engagée .Il dénonce une société où les riches disposent de tous les pouvoirs y compris celui de donner la mort.

Un monde de riches pervers, corrompus, violents.Le sexe y devient l’oppresseur des domestiques et peut les conduire à la mort.

 Le réalisateur indique d’emblée son parti pris d’utiliser les codes du film d’horreur comme éléments métaphoriques.

 Pari risqué qui n’évite pas un côté grand guignol malgré la qualité de la réalisation et le mérite des interprètes participants à des scènes à la fois orgiaques et sanglantes impressionantes.

On retrouve les ingrédients du cinéma brésilien qui reste un cinéma sans concessions.Je pense aussi au réalisateur camerounais Jean-Pierre BEKOLO et son film" LES SAIGNANTES"

Après la vision de ce film dénonciateur on peut s’inquiéter de l’avenir du réalisateur dans un Brésil qui confirmera les richissimes dans leurs excès et affaiblira davantage un peuple courageux.

Un film dérangeant à plus d’un titre !

                                                                                        Robert Lombaerts

 

             

" VICE" d'Adam McKAY USA

Christian BALE versus Dick CHENEY

 

«   VICE  «  d’Adam McKAY

 Adam Mc KAY assume les charges d’acteur ,de scénariste et de réalisateur. Il a été nominé aux Golden Globe.

« VICE » pour Vice président , propose le portrait de Dick Cheney devenu l’homme le plus puissant sous l’ère de George Bush junior.

Tout aussi antipathique que Donald Trump ,ce néo conservateur a déclaré la guerre en Irak et réussi à faire démissionner le Général Collin Powell.

Un homme politique sans concessions, patron du groupe pétrolier halliburton, une personnalité qui ne dévie jamais de sa trajectoire : le profit, l’établissement d’un ordre  mondial et faire en sorte que les Etats-Unis soient la première puissance dominatrice sur cette terre.

Christian Bale s’est fondu dans la peau du personnage dont les seuls éléments positifs  restent la famille, même s’il doit accepter que sa fille soit homosexuelle ; ce qui risque d’entamer  sa carrière politique.

 Le film permet de découvrir une personnalité hors normes, détestable et les coulisses d’un Etat dominateur où les autorités suprêmes peuvent se permettre d’ignorer la chambre le sénat.

Cette biographie d’un faucon ne laisse pas indifférent. L’interprétation est exemplaire.

Seul bémol : des aspects symboliques assez grossiers comme la pêche à la ligne qui indique que Cheney va ferrer de gros poissons. Dommage !

     

                                                                                              Robert Lombaerts

OUVERTURE DU RAMDAM FESTIVAL- GREEN BOOK

Dépasser les préjugés dans l'Amérique des sixties.

 

Ouverture du FESTIVAL du FILM  QUI  DERANGE

I                            MAGIX  TOURNAI

Projection de GREEN BOOK de Peter FARRELLY

 

       Le Festival du film qui dérange a ouvert sa neuvième édition ce lundi 14 janvier.

       Un festival qui s’impose davantage chaque année avec une sélection de films de qualité. Présidé par Jean-Pierre Winberg, cet esprit toujours en  éveil , a gardé toute sa fougue et  sa passion pour le septième art.

       Sa curiosité , son humanisme transparaissent dans la programmation comme dans ses discours ou ses entretiens avec les comédiens ou les réalisateurs présents au Festival .

       Un comédien roumain, vivant aux Etats-Unis ,représentant l’équipe du film , a évoqué sa vie avec humour  et les difficultés d’être choisi par un réalisateur très exigeant sur le choix des comédiens.

Les cinq salles du complexe tournaisien étaient complètes et l’on peut déjà imaginer qule record  du nombre de spectateurs de 2018 sera dépassé. Les spectateurs ne sont pas que Tournaisiens . Des cinéphiles français, des amoureux du cinéma de la Flandre toute proche, répondent à l’appel des films qui dérangent.J

J’aimerais   davantage y côtoyer les bruxellois qui n’hésitent pas d’aller au Fiff à Namur,au Festival du film d’ Amour  à Mons.

 Un festival à découvrir dans une ville et une région accueillantes.

       

       GREEN BOOK – Peter FARRELLY (USA)

 

        Romancier, scénariste, producteur Peter Farrelly réalise des comédies tout en ayant un point de vue humain sur les personnages qu’il nous présente.

        De facture classique son film nous touche parce que cette fiction puise ses sources dans une histoire vraie ; celle du Dr Shelley , pianiste Afro américain (ami de la famille Kennedy) et de son chauffeur , ancien videur de boite de nuit ,d’origine italienne, enfant du Bronx , quartier défavorisé de New-York.

         L’action se passe dans les sixties, plus précisément en 1962 alors que le Sud est toujours en proie à la ségrégation raciale. Le célèbre pianiste Dr Shelley décide de parcourir le Sud du pays avec ses deux musiciens, un violoncelliste et un contrebassiste. Il engage un chauffeur blanc inculte, grossier alors qu’il est lui-même un homme raffiné, élégant , au langage châtié.

        Ces deux personnages vont nous emmener dans leur bagage ; nous transporter dans de nombreuses péripéties. Au fil du temps ces deux êtres totalement différents vont se rapprocher s’apprécier ,se, protéger mutuellement . Une amitié va se nouer, indéfectible.

       Green book nous apprend qu’il existait à cette époque un guide vert des hôtels réservés aux noirs.  Un afro américain,  talentueux , pianiste de renommée mondiale pouvait interpréter des œuvres dans la riche société blanche mais était interdit d’entrer dans le restaurant où il devait se produire. Ce film nous plonge dans l’histoire d’une Amérique raciste pétrie de préjugés qui se prolongent encore .

   Les  acteurs sont excellents. Viggo Mortensen et Mahershala Ali nous transmettent leurs sentiments et leur évolution. Les seconds rôles , les silhouettes ont de la présence .Le spectateur participe à cette « road movie musicale « où l’humanité l’emporte sur les préjugés.

                                                                                            Robert Lombaerts

 

50 ème FESPACO . Du 21 février au 1er mars 2019-Un Festival de qualité qui valorise le Cinéma du SUD

DU 21 FEVRIER au 1er MARS 2019 à OUGADOUGOU