Un entretien avec Maïmouna N'diaye à Ecrans Noirs

MAIMOUNA N'DIAYE
Actrice - Réalisatrice
Franco-Burkinabo-Guinéenne-
Crédits photos Albert Pozzoli /AFP14.05.2019

 

ENTRETIEN avec MAÏMOUNA N’DIAYE

LA 23e EDITION DU FESTIVAL ECRANS NOIRS

L’ETAT DU CINEMA EN AFRIQUE CENTRALE

 

Maïmouna N'Diaye de nationalité franco-burkinabo-guinéenne est comédienne et réalisatrice. Née à Paris. De père Sénégalais, de mère nigériane, elle passe son enfance en Guinée jusqu’à l’obtention du Baccalauréat.

En 1987, lors d’une tournée avec la Cie de Irène Tassembedo elle est accueillie par le Burkina-Faso, qui, par la suite lui a permis de travailler sur SNC (Semaine Nationale de la Culture) en 1992.

Elle ne cache pas sa fierté « Je suis Burkinabé d’adoption, par choix Burkindi et fière de l’être».

Membre du jury à la 72e édition du Festival International de Cannes, elle a accordé un entretien à l’ARPNS .

- Pouvez-vous nous parler de votre participation à la 23e édition du festival Écrans Noirs ?

Maïmouna N'Diaye :

J’ai la chance de participer à la 23e édition du Festival Ecrans Noirs avec un film documentaire en compétition. « LE FOU, LE GENIE ET LE SAGE ».

-Quels sont vos liens avec le festival ?

Maïmouna N'Diaye :

En 2015, j’ai participé au Festival Ecrans Noirs avec le film "L'ŒIL DU CYCLONE". Festival dans lequel, mon coéquipier FARGASS ASSANDE et moi avions obtenu les PRIX D’INTERPRETATION FÉMININE ET MASCULINE. 

-Que pensez-vous de cette édition du festival Ecrans Noirs?

Maïmouna N'Diaye :

C’est difficile de parler de festival quand on n’est pas organisateur. J’ai vu des films que je n’avais pas vus lors du dernier FESPACO . J’ai rencontré des réalisateurs et acteurs d’autres pays. J’ai suivi avec beaucoup d’attention le colloque sur le cinéma.

On fait des films pour qu’ils soient aussi vus par le public. Je déplore l’absence de spectateurs pour certains films dans les salles. Les étudiants, les élèves…

Que manque-t-il aux festivals des pays d’Afrique en général pour être en accord avec les exigences d'un festival de classe A comme celui de Cannes?

Maïmouna N'Diaye :

-Ne comparons pas ce qui n’est pas comparable. Le festival de Cannes est à sa 72e édition. Il a commencé avec l’initiative d’un amoureux du cinéma. Un peu comme tous les festivals, en prenant de l’ampleur, les partenaires se sont multipliés, la ville s’est impliquée davantage, les promoteurs privés y ont mis leur grain de sel. Un festival c’est l’affaire de tous, de tous les acteurs culturels. Cannes est un festival mondial pas seulement Français ou Européen. Les films qui y sont présentés sont de très grande facture avec des histoires et un traitement universel.

On n’en est pas encore là en Afrique. Mais, nos festivals sont sur la bonne voie. Certains plus que d’autres.

-D'après vous peut-on véritablement jouir de l'art cinématographique en Afrique ?

Maïmouna N'Diaye :

Vous observez tout comme moi qu’il y a des acteurs et des techniciens qui vivent de leur art en Afrique. Mais, il faut redoubler d’efforts pour que ce soit effectif partout…

-Pensez-vous que la Coproduction Sud-Sud soit une aubaine pour palier à la rareté de films de qualité particulièrement au Cameroun ?

Maïmouna N'Diaye :

La coproduction en générale est une aubaine pour tous, pas seulement pour la qualité des films mais aussi pour faire plus de films parce qu’il y a de moins en moins de guichets. La coproduction peut palier à ce manque.

Quelles sont les conditions préalables pour vous avoir sur un plateau de tournage par exemple au Cameroun ?

Maïmouna N'Diaye :Rires… La première condition et c’est valable pour tous, c’est le scénario. Une belle histoire avec un bon réalisateur et des comédiens passionnés.

- Des projets en perspective ?

Maïmouna N'Diaye : Plusieurs projets en vue. Pièce de théâtre, série tv, film, livre… Et mise en place des activités de mon association pour les enfants autistes et trisomiques.

Quel conseil donnerez-vous à une jeune pousse africaine qui désire faire carrière dans le cinéma?

Maïmouna N'Diaye :

-Quelle que soit la carrière que la jeunesse veut emprunter, il faut passer par la formation. Toute carrière bien menée passe par une formation. Il y a des écoles pour ça.

On ne se lance pas dans le métier par hasard. C’est un choix qu’on fait.

 

Alphonse Ntep Correspondant ARPNS pour l’Afrique